Santé et sécurité en Afghanistan
Le système de santé afghan repose largement sur des financements extérieurs et traverse une crise durable. Les restrictions imposées aux femmes, la baisse de l'aide internationale et les catastrophes naturelles pèsent lourdement sur l'accès aux soins.
Système de santé sous perfusion
Les structures publiques fonctionnent grâce à des programmes financés par des bailleurs et mis en oeuvre par des organisations non gouvernementales. Human Rights Watch a fait état de la fermeture de plus de quatre cents établissements de santé en 2025, après les coupes budgétaires décidées par plusieurs donateurs. Les zones rurales restent les plus touchées, avec des distances importantes jusqu'au premier centre de soins.
Hôpitaux de Kaboul
La capitale concentre les principaux hôpitaux publics et quelques cliniques privées. Le plateau technique demeure limité, les ruptures de médicaments sont fréquentes et les interventions complexes supposent une évacuation vers l'Inde, le Pakistan ou les Emirats arabes unis. Les organisations médicales internationales gèrent plusieurs structures spécialisées.
Pénurie de personnel féminin
La suspension, décidée fin 2024, de l'accès des femmes aux formations paramédicales, notamment celles de sage-femme et d'infirmière, compromet le renouvellement d'un personnel indispensable puisque les patientes ne peuvent être examinées que par des soignantes. L'UNICEF a averti que ces restrictions pourraient entraîner la perte de plus de vingt-cinq mille enseignantes et professionnelles de santé d'ici 2030. La mortalité maternelle s'établissait autour de 638 décès pour cent mille naissances vivantes en 2024 selon les données citées par les Nations unies.
Maladies, malnutrition et eau
La malnutrition infantile aiguë progresse et sature les services pédiatriques, comme l'ont signalé Médecins sans frontières et les agences onusiennes. Les maladies diarrhéiques, la rougeole, la tuberculose et la leishmaniose demeurent répandues. L'accès à l'eau potable reste inégal et la nappe phréatique de Kaboul baisse fortement.
Absence d'évacuation sanitaire
Aucun dispositif d'évacuation sanitaire fiable ne dessert le territoire, et les assurances voyage excluent généralement les pays formellement déconseillés. Les ressortissants européens ne disposent d'aucune assistance consulaire sur place.
Mines et risque sismique
Les mines antipersonnel et les engins non explosés continuent de faire des victimes, en particulier parmi les enfants et les bergers. Le pays subit par ailleurs des séismes meurtriers réguliers, comme celui qui a frappé la région de Kounar à la fin d'août 2025 et celui du nord du pays au début de novembre 2025.
Sécurité générale
Les avis aux voyageurs français, belge, suisse et canadien mentionnent le risque terroriste, les enlèvements et les détentions arbitraires, et déconseillent formellement tout déplacement dans le pays.