Expatriation en Afghanistan

L'expatriation en Afghanistan ne relève plus, depuis août 2021, d'une mobilité professionnelle ordinaire. La présence étrangère se limite aux personnels des organisations humanitaires et des agences des Nations unies, à quelques commerçants et aux diplomates de pays voisins. Les ministères des affaires étrangères français, belge, suisse et canadien déconseillent formellement tout voyage dans le pays et n'y assurent aucune protection consulaire.

Visas de travail et enregistrement des organisations

Les autorités de fait délivrent des visas de travail et d'affaires, le plus souvent par l'intermédiaire de l'organisation d'accueil, elle-même enregistrée auprès du ministère de l'Economie pour les organisations non gouvernementales. Les durées de validité, les frais et les conditions ont changé à plusieurs reprises depuis 2021, ce qui oblige à faire confirmer chaque démarche par l'employeur avant le départ.

Absence de protection consulaire

L'ambassade de France à Kaboul a suspendu ses activités sur place et ses services consulaires sont assurés depuis Paris. La Belgique, la Suisse et le Canada se trouvent dans une situation comparable. Le ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères classe la totalité du pays en zone rouge et souligne un risque d'enlèvement très élevé pour les Occidentaux.

Logement sécurisé et règles de déplacement

Les personnels internationaux résident presque toujours dans des résidences collectives sécurisées, gérées par leur employeur, avec gardiennage et contrôle des accès. Les déplacements obéissent à des procédures internes qui prévoient des véhicules identifiés, des itinéraires validés et des horaires de retour. Les sorties individuelles et les trajets de nuit sont généralement proscrits.

Restrictions imposées au personnel féminin

En décembre 2022, les autorités de fait ont interdit aux femmes afghanes de travailler pour les organisations non gouvernementales, mesure étendue en avril 2023 aux agences des Nations unies. Le Conseil de sécurité a condamné cette dernière décision par sa résolution 2681. Des tolérances partielles subsistent dans la santé et la nutrition, mais les organisations signalent de fortes difficultés à atteindre les femmes et les enfants.

Santé, évacuation et scolarité

Les structures de soins répondant aux standards internationaux sont quasi inexistantes et les organisations s'appuient sur des contrats d'évacuation sanitaire vers des villes de la région. Les établissements scolaires internationaux qui accueillaient les enfants d'expatriés ont cessé leurs activités, et les postes ouverts aux familles ont pratiquement disparu.

Coût de la vie, paiements et communauté francophone

L'économie fonctionne très largement en espèces, l'afghani et le dollar circulant côte à côte, tandis que les cartes bancaires étrangères demeurent inutilisables. Les rémunérations internationales sont versées hors du pays et les dépenses locales se règlent en liquide. Le logement sécurisé et les produits importés coûtent cher. La communauté francophone se révèle très réduite et se retrouve surtout dans le cadre professionnel.