Peuples, langues et minorités
L'Afghanistan forme une mosaïque de peuples, sans groupe majoritaire absolu et sans données récentes fiables. Les pourcentages avancés proviennent d'enquêtes d'opinion et d'estimations anciennes, l'appartenance ethnique n'ayant plus été relevée par un recensement depuis 1979. Les frontières entre groupes restent par ailleurs poreuses, la langue, la région et le rite religieux se combinant de façon variable.
Pachtounes et Tadjiks
Les Pachtounes constituent le groupe le plus nombreux, estimé entre 40 et 50 pour cent de la population. Installés dans le sud et l'est ainsi que dans des enclaves du nord, ils sont également très présents de l'autre côté de la ligne Durand, au Pakistan. Les Tadjiks, persanophones, représenteraient environ un quart des habitants et dominent le nord-est, la région de Hérat et une grande partie de Kaboul.
Hazaras et populations chiites
Les Hazaras, souvent estimés autour de 10 pour cent, occupent les hautes terres du centre et de nombreux quartiers de Kaboul. Majoritairement chiites duodécimains, ils ont subi des persécutions répétées, notamment sous l'émir Abdur Rahman à la fin du dix-neuvième siècle puis durant le premier Emirat. Depuis 2021, plusieurs attentats meurtriers visant des mosquées, des écoles et des centres éducatifs hazaras ont été revendiqués par l'Etat islamique au Khorassan. Human Rights Watch et Amnesty International ont également documenté des expulsions de terres.
Ouzbeks, Turkmènes et peuples du nord
Les Ouzbeks et les Turkmènes, de langues turciques, peuplent les plaines septentrionales et représenteraient ensemble une dizaine de pour cent de la population. Ils vivent principalement de l'agriculture irriguée, de l'élevage et de l'artisanat. Les Aïmaks, groupes semi-nomades persanophones de l'ouest, et les Baloutches du sud-ouest complètent cet ensemble.
Nouristanis et Kirghizes du Wakhan
Les Nouristanis, installés dans les vallées escarpées du nord-est, parlent des langues indo-iraniennes distinctes et ont été convertis à l'islam à la fin du dix-neuvième siècle. Le corridor du Wakhan abrite des Wakhis ismaéliens ainsi que quelques centaines de familles kirghizes, éleveurs de yaks des hauts plateaux.
Langues officielles et rites religieux
Le pachto et le dari, variante afghane du persan, sont les deux langues officielles héritées de la Constitution de 2004. L'ouzbek, le turkmène, le baloutche, le pachaï et le nouristani bénéficiaient d'un statut régional. L'islam sunnite de rite hanafite rassemble la grande majorité des croyants, la minorité chiite étant estimée entre 7 et 15 pour cent selon les sources.
Communautés sikhe et hindoue
Présentes de longue date à Kaboul, à Jalalabad et à Ghazni, les communautés sikhe et hindoue comptaient plusieurs dizaines de milliers de membres avant 1992. Les guerres, les discriminations et une série d'attentats, dont celui de mars 2020 contre un temple de Kaboul, ont provoqué leur départ presque complet vers l'Inde. Il n'en subsisterait qu'une poignée de familles.