Hymne de l'Afghanistan

La question de l'hymne national afghan reste ouverte depuis août 2021. Les autorités de fait n'ont pas promulgué de texte fixant un hymne officiel, mais elles emploient systématiquement un chant religieux lors des cérémonies. L'hymne de la République islamique continue pour sa part d'être joué dans certaines enceintes internationales et lors des rassemblements de la diaspora.

Chant a cappella des autorités de fait

Le mouvement taliban recourt à un nachid en pachto intitulé Da de batorano kor, que l'on traduit par Voici la demeure des braves. Ce chant servait déjà d'hymne de fait entre 1996 et 2001. Il est interprété sans accompagnement instrumental, par des voix masculines seules, et exalte le courage des combattants ainsi que le caractère inexpugnable du pays. Les sources concordantes soulignent qu'aucun décret n'en a formellement fait un hymne d'Etat.

Refus des instruments

La lecture de l'islam défendue par les talibans réprouve la musique instrumentale, tenue pour un divertissement illicite. Depuis 2021, les instruments ont disparu des radios et des télévisions publiques, et des destructions d'instruments ont été rapportées par plusieurs médias afghans et internationaux. Cette position explique la forme purement vocale du chant employé lors des levées de drapeau et des réceptions officielles. Elle prolonge une politique déjà appliquée durant le premier Emirat.

Milli Surood de la République

L'hymne de la République islamique, connu sous le nom de Milli Surood, a été adopté par la Loya Jirga en mai 2006, conformément à l'article vingt de la Constitution de 2004. Les paroles, écrites en pachto par le poète Abdul Bari Jahani, énumèrent les principaux groupes ethniques du pays et s'ouvrent sur le takbir. La musique revient au compositeur Babrak Wassa. Le texte constitutionnel imposait que l'hymne soit chanté en pachto et cite les peuples d'Afghanistan.

Hymnes successifs depuis la monarchie

Le royaume d'Afghanistan a d'abord utilisé une marche instrumentale sans paroles, remplacée ensuite par un hymne dédié au souverain. La république proclamée en 1973 puis le régime issu du coup d'Etat de 1978 ont chacun imposé leur propre composition, la seconde devant ses paroles à Sulaiman Layeq. Après 1992, les moudjahidines ont retenu un chant patriotique attribué à Ustad Qasim, connu sous le titre Forteresse de l'islam, coeur de l'Asie. Chaque changement de régime s'est ainsi accompagné d'un changement d'hymne.