Scène politique en Afghanistan

La vie politique organisée a disparu de l'espace public afghan depuis août 2021. Les partis constitués sous la République ne peuvent plus fonctionner, le parlement a cessé de siéger et aucune élection n'est annoncée. Le débat se déplace ainsi vers les rapports de force internes au mouvement taliban, vers les oppositions armées et vers la diaspora.

Interdiction des partis

Le ministère de la Justice a annoncé en août 2023 la dissolution des partis politiques, jugés dépourvus de base légale au regard de la charia. Les organisations qui subsistent agissent depuis l'étranger ou dans la clandestinité. Les autorités de fait présentent la consultation des oulémas et des assemblées de notables comme un substitut aux institutions représentatives.

Courants internes au mouvement taliban

Les observateurs distinguent régulièrement une ligne doctrinale concentrée autour de l'émir à Kandahar et des responsables plus soucieux d'ouverture économique et diplomatique installés à Kaboul. Le réseau Haqqani, qui contrôle le ministère de l'Intérieur, passe souvent pour le pôle le plus attentif aux relations extérieures. Ces tensions transparaissent dans des désaccords publics sur l'éducation des filles ou sur les relations régionales, sans avoir jusqu'ici provoqué de rupture. Les analyses divergent sur la profondeur réelle de ces clivages, faute d'accès direct aux instances de décision.

Figures de la République en exil

Les anciens dirigeants de la République islamique se sont dispersés après août 2021. L'ancien président Hamid Karzaï et l'ancien négociateur Abdullah Abdullah sont restés à Kaboul sans exercer de fonction officielle. D'autres animent depuis l'étranger des plateformes de coordination, dont le Conseil suprême de la résistance nationale, réuni notamment à Ankara et à Vienne. Ces initiatives peinent à surmonter les divisions héritées des décennies précédentes et disposent de moyens limités.

Front national de résistance

Fondé dans le Panchir en 2021 autour d'Ahmad Massoud, fils du commandant Ahmad Chah Massoud, le Front national de résistance conduit des actions armées de faible ampleur dans le nord-est. Ses capacités militaires restent modestes et contestées, et les autorités de fait affirment régulièrement les avoir réduites à néant. Un de ses commandants a été tué dans une embuscade en août 2026 selon les informations rapportées par la presse. D'autres groupes, comme le Front de la liberté afghane, revendiquent des attaques ponctuelles dont la portée reste difficile à vérifier.

Etat islamique au Khorassan

La branche régionale de l'organisation Etat islamique, apparue en 2015, constitue l'adversaire armé le plus actif des talibans. Elle conteste leur légitimité religieuse et vise en priorité les lieux de culte chiites, les Hazaras, les représentations étrangères et les rassemblements officiels. Les autorités de fait mènent contre elle des opérations de police et affirment avoir entamé sa capacité d'action, tandis que l'équipe de suivi des sanctions des Nations unies continue de la décrire comme une menace pour la région.