Libertés publiques en Afghanistan
Les libertés publiques se sont fortement réduites en Afghanistan depuis août 2021. Les restrictions visent en premier lieu les femmes et les filles, mais elles touchent aussi la presse, les associations, les minorités religieuses et l'expression politique. Les constats rassemblés ici proviennent d'organisations internationales et d'agences des Nations unies dont l'accès au terrain demeure partiel.
Restrictions imposées aux femmes et aux filles
L'accès à l'enseignement secondaire est fermé aux filles depuis mars 2022 et l'université est interdite aux femmes depuis décembre 2022. Les formations de sages-femmes et d'infirmières ont été suspendues en décembre 2024. L'UNESCO estimait en août 2026 que 2,4 millions de filles se trouvaient privées de scolarité secondaire. Les emplois dans l'administration, dans les organisations non gouvernementales et dans les agences des Nations unies leur ont été progressivement fermés, et les déplacements sans accompagnateur masculin sont restreints.
Loi sur la promotion de la vertu
Un texte de trente-cinq articles promulgué en août 2024 codifie les règles de comportement et confie leur application aux inspecteurs du ministère de la Promotion de la vertu et de la Répression du vice. Il encadre la tenue vestimentaire, la mixité, la musique et la voix des femmes en public. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme en a demandé l'abrogation dès sa publication, y voyant une aggravation de l'effacement des femmes de l'espace public. ONU Femmes rapportait en août 2026 qu'environ la moitié des Afghanes interrogées ne sortaient de chez elles qu'une ou deux fois par mois.
Presse et journalistes
Reporters sans frontières classait l'Afghanistan au 175e rang sur 180 pays dans l'édition 2026 de son classement mondial de la liberté de la presse, avec un score de 19,51 sur 100. L'organisation indique que 43 pour cent des médias ont disparu dans les trois mois qui ont suivi la prise de Kaboul et que 80 pour cent des femmes journalistes ont quitté la profession. Deux journalistes figuraient comme détenus dans ce même décompte. Les autorités de fait ont édicté onze règles encadrant le travail journalistique et interdisent la diffusion d'informations jugées contraires à l'islam ou à l'intérêt national.
Société civile et châtiments corporels
Les associations indépendantes, les syndicats et les manifestations ont pratiquement disparu, et des militantes ont été arrêtées à plusieurs reprises. Des experts des Nations unies ont condamné en mars 2026 le recours croissant aux châtiments corporels. Le rapport mondial 2026 de Human Rights Watch fait état de 414 flagellations publiques et d'au moins quatre exécutions publiques documentées par la mission des Nations unies.
Minorités religieuses et mécanismes internationaux
Les chiites hazaras demeurent exposés aux attentats revendiqués par l'Etat islamique au Khorassan et à des discriminations signalées par plusieurs organisations. Les communautés sikhe et hindoue ont presque entièrement quitté le pays. Le Conseil des droits de l'homme a créé en octobre 2025 un mécanisme d'enquête indépendant sur l'Afghanistan, qui s'ajoute au mandat du rapporteur spécial et aux rapports périodiques de la mission des Nations unies.