Géopolitique de l'Afghanistan
L'Afghanistan occupe une position stratégique entre l'Asie centrale, l'Iran, la Chine et le sous-continent indien. Depuis 2021, ses relations extérieures se construisent en dehors de toute reconnaissance générale, à travers des contacts de travail, des accords commerciaux et des négociations sécuritaires. Les questions de terrorisme, d'eau, de migrations et de ressources minières structurent ces échanges.
Reconnaissance et représentation
La Russie a reconnu formellement l'Emirat islamique le 3 juillet 2025, puis a signé un accord de partenariat militaire avec les autorités de fait en mai 2026. Aucun autre pays n'a suivi à ce jour. Plusieurs Etats, dont la Chine, le Pakistan, l'Ouzbékistan et les Emirats arabes unis, ont néanmoins accepté des diplomates nommés par Kaboul, Pékin ayant accrédité un ambassadeur dès janvier 2024. Le siège afghan aux Nations unies reste attribué à un représentant désigné par l'ancienne République.
Tensions avec le Pakistan
Les relations avec Islamabad se sont fortement dégradées autour de la présence du Tehrik-e Taliban Pakistan sur le sol afghan et du tracé de la ligne Durand. Après des affrontements en octobre 2025 et un cessez-le-feu négocié à Doha avec la médiation du Qatar et de la Turquie, un conflit ouvert a éclaté en février 2026, avec des frappes aériennes pakistanaises sur plusieurs provinces afghanes. Les bilans recensés à la mi-mars 2026 faisaient état de plusieurs centaines de morts et d'environ 115 000 personnes déplacées en Afghanistan. La fermeture des postes frontières a pesé sur le commerce bilatéral, et une réouverture progressive a été annoncée du côté pakistanais en août 2026.
Iran et partage de l'eau
L'Iran accueille plusieurs millions d'Afghans et conduit depuis 2023 des campagnes d'expulsion de grande ampleur. Le contentieux le plus ancien porte sur le Helmand et sur le traité de 1973, Téhéran reprochant à Kaboul de ne pas livrer le débit convenu vers le Sistan. Des incidents armés y ont eu lieu en mai 2023.
Chine et projets miniers
Les entreprises chinoises poursuivent le projet de cuivre de Mes Aynak, concédé en 2008 et longtemps resté sans réalisation, ainsi que des contrats pétroliers dans le bassin de l'Amou-Daria. Pékin met en avant la lutte contre les mouvements armés ouïghours.
Golfe, Inde et Asie centrale
Le Qatar joue un rôle de médiation et accueille le bureau politique du mouvement depuis 2013. L'Inde a rehaussé sa mission technique au rang d'ambassade après la visite du ministre afghan des Affaires étrangères en octobre 2025. Les Etats d'Asie centrale privilégient les projets de transit, dont le gazoduc TAPI et la liaison ferroviaire vers l'Ouzbékistan et le Pakistan.
Aide, avoirs gelés et sanctions
Environ sept milliards de dollars d'avoirs de la banque centrale afghane ont été bloqués aux Etats-Unis en 2021, dont trois milliards et demi transférés en 2022 vers un fonds fiduciaire établi en Suisse, hors de portée des autorités de fait. Le régime de sanctions issu de la résolution 1988 du Conseil de sécurité continue de viser des responsables talibans. L'aide humanitaire, principale ressource extérieure du pays, a été fortement réduite en 2025.