Créer une entreprise en Afghanistan
La création d'une entreprise en Afghanistan reste encadrée par le droit hérité de la République, mais elle s'inscrit depuis août 2021 dans un environnement marqué par l'isolement financier du pays, les sanctions internationales et de fortes restrictions imposées aux femmes. Les procédures décrites ci-dessous reposent sur les textes en vigueur, dont l'application demeure inégale.
Formes de sociétés prévues par la loi commerciale
La loi afghane sur les sociétés commerciales reconnaît deux formes principales de sociétés de capitaux, la société à responsabilité limitée et la société par actions. La première domine largement, car elle exige peu d'associés et aucun capital minimum légal, la seconde restant plus formelle. L'entreprise individuelle demeure la forme habituelle du petit commerce, l'entrepreneur répondant des dettes sur son patrimoine.
Enregistrement auprès du registre central des entreprises
L'immatriculation relève du registre central des entreprises et de la propriété intellectuelle, rattaché au ministère de l'Industrie et du Commerce. Le dossier comporte une réservation de nom, les statuts, les pièces d'identité des dirigeants et le montant du capital. Le registre vérifie l'identité des associés avant de délivrer la licence d'activité, valable trois ans et renouvelable. L'administration fiscale attribue un numéro d'identification, et plusieurs secteurs réglementés exigent une autorisation supplémentaire.
Coûts, délais et obligations comptables
Les droits d'enregistrement restent modestes, alors que les licences sectorielles atteignent des montants nettement plus élevés, et les délais dépendent de l'étendue des vérifications. Toute société immatriculée tient une comptabilité, dépose une déclaration annuelle et acquitte l'impôt sur les bénéfices ainsi que les retenues à la source. Les autorités de fait ont conservé ce dispositif et durci son recouvrement.
Obstacles bancaires et exigences de conformité
Le système bancaire afghan reste coupé de ses correspondants étrangers depuis 2021 et les avoirs de la banque centrale placés à l'étranger restent gelés. Les virements internationaux sont rares, lents et souvent bloqués par les contrôles de conformité liés aux sanctions, ce qui pousse les acteurs économiques vers les espèces et les circuits informels de transfert.
Contraintes propres aux investisseurs étrangers
Un investisseur étranger peut détenir une société de droit afghan et désigne un représentant résident. Dans la pratique, les visas, la sécurité et les difficultés de déplacement limitent fortement ces projets, alors que les ambassades occidentales, absentes de Kaboul, n'apportent aucun appui.
Place des entreprises dirigées par des femmes
Depuis 2021, les femmes qui entreprennent évoluent dans un cadre très restreint, entre obligation d'être accompagnées d'un tuteur masculin pour les trajets longs, séparation des espaces commerciaux et limites posées à l'éducation. La fermeture des salons de beauté décidée en juillet 2023 a supprimé un secteur très féminisé. L'International Crisis Group relève que des activités artisanales et alimentaires subsistent, souvent à domicile.