Economie de l'Afghanistan

L'économie afghane a changé de nature après le retour des talibans au pouvoir en août 2021. Le retrait des bailleurs, le gel des avoirs de la banque centrale et la rupture des circuits financiers ont provoqué une contraction sans équivalent récent. Une stabilisation partielle s'observe depuis, mais elle repose sur l'aide humanitaire et sur des équilibres fragiles.

Effondrement du produit intérieur brut

Selon la Banque mondiale, l'économie afghane a perdu environ un quart de sa taille au cours des deux exercices qui ont suivi la prise de pouvoir. L'institution a relevé une croissance réelle de 4,8 pour cent dans son bilan publié en mai 2026, tout en soulignant que le produit intérieur brut par habitant reculait de 5,6 pour cent, la population augmentant plus vite que la production.

Arrêt de l'aide au développement

Avant 2021, les financements extérieurs couvraient une part majeure des dépenses publiques et alimentaient la construction et l'emploi salarié. Les bailleurs ont suspendu leurs programmes de développement et réorienté une partie de leurs moyens vers l'aide humanitaire, acheminée hors des structures de l'administration de fait.

Avoirs gelés et fonds fiduciaire suisse

Environ sept milliards de dollars d'avoirs de la banque centrale afghane ont été bloqués aux Etats-Unis après août 2021. La moitié a été transférée en septembre 2022 vers un véhicule créé à Genève, le Fonds afghan, qui n'a procédé à aucun versement depuis sa création, la reconnaissance des autorités de fait restant en suspens.

Prix et stabilisation monétaire

Une phase de baisse des prix a suivi la crise de 2021 et de 2022. L'inflation est ensuite redevenue positive, la Banque mondiale relevant 2,1 pour cent sur un an en septembre 2025, puis 7,6 pour cent au printemps 2026. L'afghani est resté stable, autour de 66 à 67 unités pour un dollar.

Budget de l'administration de fait

Les autorités financent leurs dépenses sans appui extérieur, grâce aux droits de douane, à la fiscalité intérieure et aux redevances minières. La Banque mondiale a fait état de 153,4 milliards d'afghanis de recettes sur les sept premiers mois de l'exercice 2025, soit environ 2,3 milliards de dollars et une hausse de 16 pour cent sur un an, pour un déficit très réduit.

Dépendance à l'aide humanitaire

L'aide internationale reste un pilier de l'économie réelle, par les salaires locaux et les transferts en espèces. Human Rights Watch a relevé que plus de 22 millions d'Afghans souffraient d'insécurité alimentaire fin 2025. Les Nations unies ont lancé un appel de 1,71 milliard de dollars pour 2026.

Transferts de la diaspora

Les envois de fonds des Afghans de l'étranger complètent ces ressources. Ils transitent surtout par le système hawala, faute de correspondance bancaire internationale, et leur montant exact demeure difficile à mesurer.