La monnaie en Afghanistan
Le système monétaire afghan fonctionne depuis 2021 en marge des circuits financiers internationaux. L'afghani est resté étonnamment stable, mais cette stabilité tient à des contrôles stricts et à des apports extérieurs plus qu'à la vigueur de l'économie.
Afghani, monnaie nationale
L'afghani, dont le code international est AFN, se divise en cent puls. Les billets circulent en coupures de dix à mille afghanis. Le taux de change se situait autour de 66 à 67 afghanis pour un dollar à l'automne 2025 selon la Banque mondiale, après un passage au-delà de cent afghanis pendant la crise de 2021.
Rôle de Da Afghanistan Bank
La banque centrale, Da Afghanistan Bank, conserve ses fonctions d'émission et de supervision, sans accès à la majeure partie de ses réserves de change bloquées à l'étranger. Elle organise des enchères hebdomadaires de devises destinées à réguler l'offre de dollars sur le marché de Kaboul et à contenir les mouvements brusques du taux.
Interdiction du dollar et de la roupie
Les autorités ont interdit fin 2021 l'usage du dollar américain et de la roupie pakistanaise dans les transactions intérieures, sous peine de poursuites. Cette mesure, associée à des restrictions sur les sorties de capitaux, a soutenu la demande d'afghanis et contribué à l'appréciation de la monnaie.
Stabilité relative du taux de change
Les livraisons de billets en dollars destinées aux opérations humanitaires des Nations unies et les envois de fonds de la diaspora expliquent l'essentiel de cette stabilité, qui dépend donc de flux extérieurs et non de la production nationale. L'appréciation de la monnaie ne s'est d'ailleurs pas répercutée sur les prix intérieurs, en raison de positions dominantes à l'importation et de coûts de passage en douane.
Système hawala
Le hawala, réseau de courtiers fondé sur la confiance et la compensation entre places, assure une grande partie des transferts nationaux et internationaux. Les organisations humanitaires elles-mêmes y recourent pour acheminer des fonds. Les autorités ont tenté d'encadrer ces intermédiaires par des licences, sans supprimer leur caractère largement informel.
Absence de correspondance bancaire
Les banques afghanes n'ont pas retrouvé de relations de correspondance stables avec les établissements étrangers. Les virements internationaux restent donc difficiles, lents et coûteux, ce qui pénalise les exportateurs comme les importateurs.
Espèces et moyens de paiement
Les paiements s'effectuent presque exclusivement en espèces. Les cartes internationales de crédit et de débit ne fonctionnent pas et les distributeurs automatiques n'acceptent pas les cartes émises à l'étranger. Les bureaux de change du marché de Sarai Shahzada à Kaboul jouent un rôle central dans la formation du taux.