Les valeurs et les mentalités en Afghanistan
La société afghane s'organise autour de solidarités familiales et locales fortes, où l'individu compte moins que le groupe auquel il appartient. La religion, les codes coutumiers et les réseaux de parenté structurent les obligations quotidiennes, avec des variations sensibles entre régions et entre milieux urbains et ruraux.
Famille élargie et qawm
Le foyer réunit souvent plusieurs générations sous un même toit, et les décisions importantes se prennent collectivement. Au-delà de la parenté, le terme qawm désigne le groupe de solidarité auquel une personne se rattache, qu'il repose sur la famille étendue, le village, la tribu ou l'origine régionale. Ce réseau fournit l'aide matérielle, l'appui en cas de conflit et une part de l'identité sociale.
Pachtounwali et principes coutumiers
Le pachtounwali constitue le code de conduite coutumier des Pachtounes, transmis oralement et appliqué avec des nuances selon les régions. Il repose notamment sur la melmastia, devoir d'hospitalité, sur le nanawatai, protection accordée à celui qui la demande, sur le badal, obligation de réparation, et sur le nang, souci de l'honneur. Les jirga, assemblées d'anciens, tranchent les différends selon ces principes, parallèlement aux instances religieuses et administratives.
Islam sunnite et minorité chiite
La très grande majorité des Afghans pratiquent l'islam sunnite de rite hanafite. Une minorité chiite duodécimaine, formée pour l'essentiel de Hazaras, représente selon les estimations courantes entre dix et quinze pour cent de la population, aux côtés de petites communautés ismaéliennes du Badakhshan. Les Hazaras ont subi des attaques meurtrières revendiquées ces dernières années par la branche régionale de l'organisation Etat islamique.
Solidarités locales
En l'absence de protection sociale étendue, l'entraide de voisinage et la charité religieuse jouent un rôle central. Les mosquées, les anciens de quartier et les associations informelles organisent l'aide aux familles en difficulté, particulièrement depuis la crise économique ouverte en 2021. Le respect de la parole donnée et la réputation du groupe familial pèsent lourd dans ces échanges.
Education et interruption pour les filles
L'accès à l'école a beaucoup progressé entre 2001 et 2021, en particulier pour les filles dans les villes. Depuis mars 2022, les adolescentes sont exclues de l'enseignement secondaire, et l'accès des femmes à l'université est suspendu depuis décembre 2022. En août 2026, l'UNESCO estimait à 2,4 millions le nombre de filles privées d'enseignement secondaire depuis cinq ans.
Diaspora et transferts
Plusieurs millions d'Afghans vivent hors du pays, principalement en Iran et au Pakistan, ainsi qu'en Europe, en Amérique du Nord et en Australie. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a indiqué en 2025 que 5,4 millions d'Afghans étaient rentrés depuis la fin de 2023, souvent dans des conditions difficiles. L'argent envoyé par les émigrés reste une ressource déterminante pour de nombreuses familles.