La peinture afghane

Les arts visuels afghans reposent sur une longue tradition de miniature et de calligraphie persanes, prolongée au vingtième siècle par une peinture moderne née des écoles de Kaboul. Depuis 2021, la création plastique se poursuit en grande partie hors du pays.

Ecole de Hérat et Behzad

Sous les Timourides, l'atelier de Hérat devient le foyer principal de la miniature persane. Kamal ud-Din Behzad, actif à la fin du quinzième siècle et mort vers 1535, y renouvelle la composition des scènes, le rendu des gestes et l'usage de la couleur. Ses illustrations de manuscrits poétiques ont servi de modèle aux ateliers de Tabriz, d'Ispahan et de l'Inde moghole.

Calligraphie et arts du livre

La calligraphie occupe une place centrale dans un art longtemps attaché au manuscrit. Le nastaliq, écriture souple mise au point dans l'espace persan, sert à copier la poésie, tandis que d'autres styles conviennent aux inscriptions monumentales.

Peinture moderne afghane

L'enseignement des beaux-arts s'organise au début du vingtième siècle autour de Ghulam Mohammad Maimanagi, formé en Europe et fondateur d'une école de dessin à Kaboul. La faculté des beaux-arts de l'université de Kaboul, puis les galeries des années soixante et soixante-dix, accompagnent une génération de peintres attachés au paysage, au portrait et à l'abstraction. La Galerie nationale conserve une partie de ces collections, amputées par les destructions des années 1990.

Centre d'art contemporain et exil

Le Centre d'art contemporain d'Afghanistan, fondé à Kaboul en 2004 par l'artiste et critique Rahraw Omarzad, a formé de jeunes plasticiens, en particulier des femmes, et publié une revue d'art. Son fondateur a quitté le pays en 2021 avec l'aide d'institutions italiennes, et la structure poursuit ses activités sous une forme délocalisée en Europe.

Artistes de la diaspora

De nombreux plasticiens afghans travaillent aujourd'hui depuis l'Iran, la Turquie, l'Europe ou l'Amérique du Nord, et exposent dans des institutions internationales. Leurs travaux abordent souvent l'exil, la mémoire de la guerre et la place des femmes.

Street art de Shamsia Hassani

Shamsia Hassani, née en 1988 en Iran de parents afghans, a été la première artiste de rue reconnue du pays et a enseigné à l'université de Kaboul. Ses fresques et ses dessins représentent des silhouettes de femmes voilées, souvent accompagnées d'un instrument de musique, peintes sur des murs abîmés par les combats. Elle poursuit son travail depuis l'étranger et diffuse ses images en ligne.

Restrictions actuelles

Depuis le retour des talibans en août 2021, la représentation des êtres vivants est fortement découragée par les autorités de fait, et des médias ont rapporté le retrait ou l'effacement d'oeuvres murales et de portraits. Les expositions publiques se sont raréfiées et l'accès des femmes à l'enseignement artistique supérieur est suspendu.