La musique afghane

La musique afghane mêle les répertoires persan, pachto, hazara et ouzbek à un héritage classique venu du nord de l'Inde. Longtemps portée par les quartiers de musiciens de Kaboul et par les fêtes de village, elle traverse depuis un demi-siècle des périodes d'interdiction et connaît aujourd'hui une vie largement exilée.

Rubab, instrument national

Le rubab est un luth à manche court, taillé dans un seul bloc de mûrier, doté de cordes de jeu et de cordes sympathiques. Il tient le rôle d'instrument national et se retrouve aussi bien dans la musique savante que dans les répertoires populaires. Le tanbour, le sitar afghan et l'harmonium l'accompagnent souvent.

Tabla et dambura

La tabla, paire de tambours venue du sous-continent indien, fournit le socle rythmique de la musique urbaine. Le dambura, luth à deux cordes du nord du pays, accompagne le chant hazara et ouzbek avec une frappe percussive sur la table. Le zerbaghali, tambour en gobelet, et le dhol des fêtes complètent cette famille.

Ghazal et musique classique de Kaboul

Le quartier de Kharabat, à Kaboul, s'est constitué au dix-neuvième siècle autour de musiciens venus d'Inde à l'invitation de la cour. Il a transmis un répertoire classique fondé sur les raga et sur des formes chantées comme le ghazal, poème d'amour mis en musique. Ce répertoire a nourri la chanson populaire du vingtième siècle, portée par des interprètes comme Ahmad Zahir et Nashenas.

Attan et musiques régionales

L'attan est une danse collective en cercle, exécutée au son du dhol lors des mariages et des fêtes, et considérée comme la danse nationale. La musique pachto privilégie les rythmes rapides et le chapeau des chanteurs de Nangarhar, tandis que le répertoire hazara accorde une large place au chant plaintif accompagné au dambura.

Interdictions successives

Le premier régime taliban a interdit la musique entre 1996 et 2001, détruisant instruments et cassettes. Après le retour des talibans en août 2021, les autorités de fait ont de nouveau restreint la diffusion musicale, avec des saisies d'instruments rapportées par des médias et des organisations de défense des droits. La loi sur la propagation de la vertu promulguée en août 2024 interdit notamment que la voix chantée des femmes soit entendue en public.

Scène en exil et Institut national de musique

L'Institut national de musique d'Afghanistan, fondé à Kaboul en 2010 par Ahmad Sarmast, accueillait garçons et filles, dont l'orchestre féminin Zohra. Ses élèves et enseignants ont été évacués en 2021 et l'établissement a été reconstitué au Portugal, à Braga. De nombreux musiciens afghans se produisent désormais depuis l'Europe, l'Amérique du Nord ou les pays voisins.