L'architecture afghane

L'architecture afghane porte la trace des empires qui se sont succédé sur le territoire, du bouddhisme des falaises de Bamiyan aux briques des dynasties islamiques et aux jardins moghols. Deux ensembles figurent sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, tous deux inscrits en même temps sur la liste du patrimoine en péril.

Minaret de Djam

Le minaret de Djam s'élève à plus de soixante mètres au confluent de deux rivières, dans une vallée reculée de la province du Ghor. Construit vers 1190 sous les Ghurides, il est couvert de briques ornées et d'inscriptions coufiques. L'UNESCO l'a inscrit au patrimoine mondial en 2002, premier bien afghan de la liste, et l'a classé aussitôt en péril en raison de l'érosion, des infiltrations et de son isolement.

Bamiyan et niches vides

La vallée de Bamiyan conserve un ensemble de sanctuaires rupestres, de grottes peintes et de forteresses. Les deux bouddhas monumentaux taillés dans la falaise, hauts de trente-huit et cinquante-cinq mètres environ, ont été détruits en mars 2001 par le premier régime taliban. Le paysage culturel et les vestiges archéologiques de la vallée ont été inscrits par l'UNESCO en 2003, également sur la liste du patrimoine en péril, et les niches vides demeurent visibles depuis la plaine.

Mosquée bleue de Mazar-e-Charif

Le sanctuaire de Hazrat Ali, à Mazar-e-Charif, doit son surnom aux faïences bleues qui recouvrent ses coupoles et ses portails. L'édifice actuel remonte pour l'essentiel à la période timouride du quinzième siècle. Il constitue le principal lieu de pèlerinage du nord du pays et le centre des célébrations de Norouz.

Citadelle et monuments de Hérat

La citadelle d'Ikhtyaruddin domine Hérat depuis une plateforme fortifiée dont les fondations remontent à l'Antiquité. Restaurée avec l'appui de l'Aga Khan Trust for Culture et de partenaires internationaux, elle a rouvert en 2011 avec un musée national.

Kaboul et jardins de Babur

Les jardins de Babur, aménagés au seizième siècle autour du tombeau du fondateur de l'empire moghol, forment un ensemble en terrasses au sud-ouest de Kaboul. Très abîmés par la guerre civile des années 1990, ils ont été remis en état dans les années deux mille par l'Aga Khan Trust for Culture.

Maisons à cour et forteresses de terre

L'habitat traditionnel repose sur la maison à cour intérieure, aveugle sur la rue, qui protège l'intimité familiale. Dans les campagnes, les qala associent une enceinte de terre, des tours d'angle et des logements adossés aux murs.

Patrimoine menacé

Les fouilles clandestines, l'urbanisation rapide et le manque de moyens de conservation pèsent sur les sites anciens. Le site bouddhique de Mes Aynak, au sud de Kaboul, se trouve depuis des années au coeur d'un débat entre exploitation d'un gisement de cuivre et sauvegarde archéologique.